Pearls

- La perle de culture, par anna tabakhova

Cet article a d’abord été publié sur “Made in Joaillerie” en 2011. Voir l’article :

http://www.madeinjoaillerie.fr/guide/la-perle-a-travers-le-monde-perles-fines-et-perles-de-culture/

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Paul Claudel dit d’elle :

« Elle ne brille pas, elle ne brûle pas, elle touche : fraîche et vivifiante, caresse pour l’oeil, pour l’épiderme et pour l’âme. »

Mais qu’est ce qu’une belle perle ?

Selon un perliculteur australien : “une perle doit vous paraître belle spontanément, sans qu’on vous explique pourquoi”.

L’éclat d’une perle c’est ce mélange de lumière qui glisse sur le pourtour de sa surface : son lustre, et de cette lumière émanant de l’intérieur, générée par l’épaisseur et la régularité des couches de nacre : son orient.

La conjonction de ces 2 qualités est appelée ” l’eau ” de la perle et donne cette impression particulière de rayonnement aux perles qui semblent alors ”comme  vivantes”.

Comme pour en compliquer l’appréciation, il n’existe pas de grille unique pour les perles, chaque pays producteur établit sa propre notation, mais on peut utilement se référer aux 5 S de la perle - comme le diamant a ses 4 C :

  • Shine : lustre, éclat, brillance (critère le plus important)
  • Shade : couleur
  • Shape : forme (ronde, poire, cerclée, bouton, baroque …)
  • Size : taille (en mm, autrefois au poids )
  • Surface : qualité de la “peau” (marques de croissance)

Le monde est (parfois) bien fait, c’est au moment où les perles fines du Golfe Persique commençaient à s’épuiser, que la perle de culture du Japon fit son apparition sur le marché dans les années 1920.

Puis les Chinois sont devenus les artisans de sa démocratisation, avec près de 2000 tonnes/an produites par des moules, cultivées en eau douce.

Huître à lèvres blanches ou dorées (Australie, Mers du Sud), à lèvres noires (Tahiti),

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moules à nacre rose irisée (Chine), c’est cette nacre du mollusque greffé qui donne leurs tons aux perles. L’animal sécrète naturellement sa nacre autour du noyau greffé par intervention humaine, et l’on ne découvrira la perle ainsi née – sa forme, sa taille, sa couleur, son éclat – qu’au bout de 2, 3 ans minimum.

Si une perle parfaite est une rareté et un exploit de la nature, les perles baroques, offrent le charme de leur forme irrégulière. Parce que chacune est unique, les romains les appelaient  “unios” , révélant une beauté au delà de la perfection.

Les “keshis” sont des perles sans noyau, semences de perles minuscules ou dodues, comme « soufflées », intégralement formées de nacre, ce qui leur confère un lustre élevé et un aspect “sauvage”.

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Alors que l’Australie, les mers du sud, le Japon et Tahiti (en fait les archipels autour de Tahiti)recherchent des perles de plus en plus parfaites et grosses, la Chine expérimente des techniques aboutissant à des perles très irrégulières et spectaculaires, le but reste toujours l’éclat “métallique, ” la couleur ” exotique”.

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Paradoxe de la perle “imparfaite” un récent hybride de mollusque de Chine et du Japon, produit des perles comme froissées en surface, à l’éclat irisé, aux couleurs de bonbons : c’est la perle Kasumi.P1210824-perles-kasumi-anna-tabakhova

Les rares perles du Golfe de Mexique,  “Sea of Cortez”, présentent des tons sombres aux reflets arcs-en-ciel (ce sont les perles du collier de Marie-Antoinette).

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Minéral créé par un animal sur intervention humaine, voilà ce qu’est une perle de culture.

Elles ont besoin d’eaux non polluées pour vivre, et sont la seule gemme qui ne subit aucune transformation après récolte.

Les prix vont de 10 € pour un collier de perles de Chine (dans un marché aux puces) à 800 000 USD – voire plus – pour un sautoir de perles parfaites d’Australie en 14 mm …

Blanche, gold, noire ou rose, ronde ou baroque, mais comment la porter ? Comme on aime bien sur !

Bien sage, en rang enfilé avec des noeuds, ou plus sport sur un caoutchouc, un lien de cuir ou un câble d’acier ou d’or.

La perle noire de Tahiti, se décline au masculin en boutons de manchettes, bracelet ou en lien de cuir.

De forme bouton, c’est la gemme idéale en bague, un gros volume pour un petit prix(comparé aux pierres précieuses …).

En poire, elle se prête idéalement aux boucles d’oreilles appairées ou … pourquoi pas dépareillées?

A porter seule ou avec des opales pour allier la beauté lunaire de la perle aux éclairs flamboyants des opales

De quoi donner à chacun, chacune “le goût de la perle”.

Posté via :  http://www.anna-tabakhova.com/fr/bijoux-contemporains-perles-galuchat.html